Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 10:27

Notre vénérée Présidente s’est félicitée d’avoir réuni en cette fin de novembre frileuse une trentaine de membres pour une visite au FRAC, elle évoque la première de ces visites qui n’avait suscité que très peu de vocations. L’effectif de l’association s’est accru fortement et la motivation des membres est évidente.

 

P1010673.JPG

 Il faut avouer qu’avec une habileté redoutable, la convocation mentionnait une visite préalable de l’exposition de Thierry Courtadon dans le hall du Conseil Général. Appâtés par le souvenir de la visite de l’atelier du sculpteur, nous avions hâte de découvrir la présentation scénarisée des œuvres. Grâce à un guide visiblement conquis par la personnalité de Thierry Courtadon, lequel a également assuré la muséographie de l’exposition. Faut-il parler d’artiste, titre que Courtadon réfute, ou d’artisan, ce qu’il est à coup sûr et revendique ? Sa démarche est celle des maîtres de la Renaissance, les Médicis s’appelant aujourd’hui Leclerc ou Michelin.

 

P1010676.JPG

 

Nous apprécierons, bien sûr, les œuvres que nous fréquentons lors de nos shoppings riomois, livres ouverts ou sphère « transparente » de 44 tonnes, nous apprendrons qu’il faut 8 mois de travail ou enlever 10 tonnes sur un bloc pour obtenir ces « feuilles » imprimées et d’aspect souple. Savoir que la pierre est élastique et qu’on peut en faire des ressorts ou des structures mobiles, imaginer où poser son verre sur cette table basse qui n’offre aucune surface vraiment plate, rêver devant ces verres gravés si poétiques, voilà ce que l’on peut s’offrir dans ce hall. Y revenir la nuit permet une vision encore plus onirique de ces œuvres.

 

P1010674-copie-1.JPG


Après un cours intermède de réfrigération, nous retrouvons notre guide favorite pour l’expo du FRAC « l’œil photographique ».

Les premières salles sont consacrées à la vision précise, au photojournalisme voire, avec Eric Baudelaire à un pseudo reportage entièrement scénarisé émaillé de citations des « Tres de Mayo », d’une piéta ou d’une photo de la guerre de Sécession. La nuance entre photo journalistique et œuvre d’art est bien mince et tient aussi à la présence de l’image dans un musée.


P1010692.JPG

 

Laissés dubitatifs par la photo blanchie de Paul Graham dont la symbolique nuit, selon moi, au message, nous nous dirigeons vers l’espace dédié au point aveugle.

 

Si le film photographié de Sugimoto laisse perplexe (que n’a-t-il obtenu ce résultat en photographiant l’écran blanc ?), le geste de Tillmans dans son luminogramme n’est qu’une nouvelle méthode de peinture remplaçant le pinceau par la lumière pour un résultat abstrait agréable. L’expérience de Sophie Calle sur la « vision » des non-voyants est intéressante sur le plan conceptuel.

 

Dans les salles consacrées aux Astres ( ?) la photo d’Olympe par Pierre Gonnord éclate, le fond noir magnifiant le visage et l’expression du modèle âgé face aux tout nouveaux-nés de Philippe Bazin, saisis de façon anthropométrique.

 

P1010698.JPG

 

Dans la série « Lacrimae verum », la série de Nan Goldin consacrée à son amie Goldie Miller, de la jeunesse à la mort en 15 photos pourrait être l’album photo de tout un chacun, constance de la prise de vue en plus.

 

Dans « Cristallin » les nombreux presbytes de l’assistance ont eu un moment de joie face à cette mise au point décalée qui permet de n’apprécier que le tout premier plan d’un paysage, privilégiant ce que l’œil néglige le plus souvent. (Xavier Zimmerman).

 

Revenons à la vision nette avec la salle « Macula ». Les appétissants os à mœlle d’Eric Poitevin » font face à ce que l’on prend d’abord pour des photos de publicité d’objet de luxe.

Raphaël Dallaporta a appliqué cette technique de photo sophistiquée pour mettre en valeur…des mines antipersonnel ! Cela ne fait même pas réagir le portrait de Rolf Müller que Thomas Ruff a voulu très inexpressif à l’instar de nos photos sur les passeports biométriques, à sa décharge, il admire les chäteaux d’eau new-yorkais en série et en noir et blanc des époux Becher.

 

La coexistence entre un site en décomposition, une maquette en papier et une femme prise de dos dans un ferry, telle est la présentation de la salle dédiée à l’hétérotopie. Chaque image livre à l’examen une deuxième nature tel ce « vaisseau spatial » soviétique enneigé.

 

Les rapports entre cinéma et photo font l’objet de la présentation de la dernière salle.dont on retiendra surtout la spectaculaire mise en scène de Gregory Crewdson  ou celle plus discrète mais tout autant frappante de Jeanloup Sieff avec la complicité d’Alfred Hitchcock.

 

P1010701.JPG

 

Merci encore à notre charmante guide pour son érudition et sa disponibilité. Il ne nous restait plus qu'à honorer Thierry Courtadon d'une agréable visite nocturne.P1010704.JPG

 


Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de amismuseesriom.over-blog.com
  • : Vie de l'Association des Amis des Musées de Riom (63). Sorties, assemblées, nouveautés des Musées.
  • Contact

Recherche

Liens