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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 10:36
Conférence du 9 avril 2015
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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 07:31
Visite à N.D. du Marthuret
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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 08:35

Samedi 21 mars, devant une salle comble, Françoise Fernandez, notre vénérée Présidente, a tenu une conférence sur la spoliation des oeuvres d'art par les nazis, essentiellement propriétés de juifs déportés, pendant la seconde guerre mondiale.

Comme toujours pédagogue et s'appuyant sur une recherche approfondie, elle a su tenir en haleine le public qui l'a ensuite suivie dans les salles du musée pour voir les oeuvres spoliées en dépôt.

On trouvera ici la bibliographie sur laquelle la conférence s'est appuyée :

Bibliographie succinte

2013 Sophie Coeuré , « La mémoire spoliée, les archives des français, butin de guerre nazi puis soviétique » (Payot)

2013 Corinne Bouchoux : Presses Universitaires de Rennes de Rennes « Si les tableaux pouvaient parler », le traitement politique et médiatique des retours d’œuvres d’art pillées et spoliées par les nazis , France 1945- 2008 ‘Presses Universitaires de Rennes

2012 Anne Sinclair : 21 rue de la Boétie (histoire de son grand père le marchand d’art Paul Rosenberg)

2010 Edmund de Wall, La mémoire retrouvée (Albin Michel pour la traduction française)

2009 Numéro spécial de la revue Beaux Arts par un colllectif d’historiens de l’art américains, allemands, autrichiens : Œuvres volées , destins brisés. Le pillage des collections juives par les mazis

2008, le livre fondateur du journaliste américain Hector Feliciano , le Musée disparu , publié en anglais en 2001 et traduit en 2008 (Folio Histoire)

1988 Pierre Assouline L’homme de l’Art D-H Kahnweiler 1884-1979 (Folio)

Œuvres de fiction

2013 Confiteor de l’écrivain espagnol Jaume Cabré

2010 Monuments Men de Robert M.Edsel, traduit de l’américain (Folio)

2007 Le portait de Pierre Assouline

2005 L’exil de la Joconde, Jean Louis Perrier

1997 Le dernier des Camondo, Pierre Assouline

Sites internet Les Amis de Rose Vallant, Ministère de la culture http://www.culture;gouv.fr/public/mistral/mnrbis.fr où l’on retrouve les 5RMN du Musée Mandet, les textes législatifs relatifs à la restitution , l’ensemble des RMN consultables

Les oeuvres du Musée Mandet sont les suivantes :

Les 5 MNR du musée Mandet

Leur fiche est consultable sur le site du ministère de la culture : http://www.culture;gouv.fr/public/mistral/mnrbis.fr

leur parcours emblématique de cette histoire :

  • Une nature morte de Vincent Laurensz van der Vinne peintre de Harlem (1629- 1702) est une toile, peinture à l’huile attribuée au musée du Louvre par l’OBIP, office des Biens et intérets privés en 1950 et déposée au musée Mandet en 1953 . Nous apprenons que son identification a été précisée en 1979 , son catalogage informatique en 2010. Elle est actuellement dans les réserves du musée.
  • La même année a été déposé au musée une huile sur toile, Hercule et Omphale elle aussi attribuée au Louvre en 1950 dont l’historique est renseigné. Acquise 100 000frs en France par le marchand Gustav Rochlitz

Gustav Rochlitz est né le 3.4.1889 à Bromberg. En 1921, il s’installe à Berlin où il est marchand d’art. En 1924, il ouvre sa propre galerie. En 1931, il part s’installer à Zurich mais le marchand d’art suisse Theodor Fischer le force à quitter le pays. En 1933, il part donc s’installer à Paris. Lors d’une visite de Bruno Lohse chez Rochlitz , début 1941,un laissez-passer lui est remis qui lui permet de voyager dans la France occupée et la zone libre. En contre-partie du laissez-passer, Rochlitz doit promettre à Göring que celui-ci aura la priorité sur les œuvres d’art de la zone libre.

En février 1941, Lohse fait savoir à Rochlitz que Göring l’autorise à acheter pour le Reichmarschall. Rochlitz vend aussi à Haberstock et Maria Almas Dietrich- en tout 129 tableaux. Il a des contacts étroits avec l’ Équipe d'intervention du Reichsleiter Rosenberg avec laquelle il effectue pas moins de 26 échanges comme p .ex. le 3 mars 1941 où il obtient pour 2 tableaux du 16e siècle des tableaux de Picasso, Cézanne et Matisse.

Rochlitz fait partie de ceux qui ont tiré le plus grand parti de leur activité auprès de l’Équipe d'intervention du Reichsleiter Rosenberg.

Après la guerre, il reprend ses activités de marchand d’art à Füssen et Cologne.

  • La Nature morte aux fruits de Floris Van Schooten, peintre à Harlem de 1612 à 1655 a lui aussi été acheté par Rochlitz » peu de temps avant la guerre » et échangé ainsi qu’une œuvre de Pieter Claes le 22 mai 1942 avec le Reichsleiter Rosenberg. Contre trois Matisse et un Corot. Attribué au Louvre par l’OBIP en 1951 , il a été déposé au musée Mandet en1955.
  • La Jeune fille à la fenêtre, peinture de Ferdinand Bol (1616-1680 Amsterdam) , huile sur toile a été acquise chez J de Sachs le 14 novembre 1941 par Karl Haberstock pour 1 165000 FRs avec un triptyque du maitre de Sainte Catherine. Il a été revendu au musée de Linz 35 000RM. Enregistré au Collecting Point de Munich sous le numéro 9768 , attribué au Louvre par l’OBIP en 1950 , il est arrivé au musée de Riom en 1953. On connait une composition identique au Lichenstein repérée en 1976.

Karl Haberstock

Né le 19 juin 1878 à Augsbourg, mort le 6 septembre 1956 à Munich.

Marchand d’art ayant fait carrière pendant la période nazie.

A fait ses débuts en vendant des œuvres d’art du 19 e siècle, puis dans les années 1920, s’est concentré de plus en plus sur les anciens Maîtres.

Karl Haberstock s’est engagé dans la politique artistique nazie, est devenu membre de la commission d’exploitation de « l’art dégénéré ». Il avait des contacts directs avec Hitler et lui a vendu des œuvres pour sa collection et par la suite pour le Führermuseum de Linz pour lequel il a agi comme acheteur dans la France occupée. Après la 2e guerre mondiale, il a fait l’objet de dénazification tout d’abord en tant que suiveur puis il a été innocenté après avoir fait appel.

Par la suite il a continué de travailler comme marchand d’art et a joué un rôle de mécène pour la ville d’Augsbourg.

Karl Haberstock est originaire d’une famille de banquiers de la ville d’Augsbourg. Après un apprentissage à la banque Gutmann, il ouvre un magasin de porcelaine à Würzbourg avec vente de tableaux pour se débarrasser des œuvres posthumes de son père.

Il ouvre une galerie à Berlin en 1907. Les affaires ne marchent pas formidablement bien mais il arrive à s’établir. A cette époque, il vend surtout l’art du 19 e siècle. C’est ainsi qu’il a vendu de grandes parties des œuvres posthumes de Carl Schuch. Par la suite, il a vendu des tableaux de Wilhelm Trübner, Wilhelm Leibl et Fritz von Uhde.

Dans les années 1920, Karl Haberstock concentre ses activités sur les anciens Maîtres. Après la 1ere guerre mondiale et l’inflation, des collections remarquables comme celles d’ Ernst Seeger et James Simon apparaissent sur le marché. Karl Haberstock leur en rachète quelques parties et place son capital sur des valeurs sûres pendant la période de l’inflation. Sa clientèle est conservatrice, antisémite et très droite.

En dehors des tableaux allemands et des anciens Maîtres, Karl Haberstock vend aussi des œuvres de réalistes français comme Gustave Courbet et Edouard Manet.
Karl Haberstock a des contacts souvent étroits dans le monde artistique comme par ex. avec Wilhelm von Bode à Berlin, Hans Posse à Dresde, Gustav Glück à Vienne et Gustav Pauli à Hambourg. Il vend des tableaux à des musées renommés comme la Nationalgalerie de Berlin ou les Staatliche Kunstsammlungen de Dresde. Il offre un tableau de Esias van de Velde à Wilhelm von Bode à l’occasion de son 80e anniversaire.

En mars 1933, Karl Haberstock adhère au NSDAP. C’était, selon ses dires, pour exercer son influence et pouvoir mieux agir contre ce qui était prévu comme par exemple la loi sur les ventes aux enchères. Il a par la suite exercé son influence sur la politique artistique nazie.

En mai 1936, Karl Haberstock vend une 1ere oeuvre d’art à Hitler „ Vénus et Amor » de Paris Bordones. Celui-ci veut se lancer dans la collection d’art depuis 1935. Ce 1er achat marque le début d’une activité systématique de collectionneur. Karl Haberstock a également pour tâche d’expertiser les autres acquisitions d’Hitler à Munich et lui fait remarquer qu’il y a trois contrefaçons.

Hitler se rend personnellement dans la galerie de Karl Haberstock. Suite à la 1ere acquisition d’Hitler, Haberstock va faire aussi des affaires avec les autres pontes nazis comme Goebbels, Göring et Speer. Haberstock a usé de son influence auprès d’Hitler pour empêcher une loi venant du Ministère du Reich à l'Éducation du peuple et à la Propagande. Cette loi aurait accordé les pleins pouvoirs à la Chambre culturelle du Reich pour fixer les prix des tableaux, ce qui aurait représenté, aux yeux d’ Haberstock, une menace pour tout le marché de l’art. Il a en outre usé de son influence auprès d’Hitler pour la réhabilitation de Hans Posse. A la surprise d’Haberstock, celui-ci fut nommé par la suite chargé de mission pour le Führermuseum de Linz.
Après 1939, Haberstock devient le marchand d’art du Führermuseum de Linz. Il y avait bien d’autres marchands impliqués dans ce projet mais Haberstock vend 169 œuvres de grande valeur. Il intervient aussi auprès d’Hitler pour la famille juive de la petite-fille de James Simon car il était en relation d’affaires avec la famille dans les années 1920. Il s’est engagé par la suite pour quelques autres personnes poursuivies.

En mai 1938, Haberstock devient membre de la Commission d’exploitation de l’art dégénéré créée par Goebbels. Il s’engage personnellement auprès d’Hitler pour la galerie Fischer de Lucerne où se déroule, le 30 juin 1939, la vente aux enchères des œuvres d’art confisquées dans des musées allemands. Cette vente aux enchères ne lui rapporte pas directement de gains mais renforce sa position sur le marché de l’art européen.
Haberstock ne vend pas de tableaux d’art moderne. Lorsqu’il y a des demandes pour connaître le prix des œuvres d’Emil Nolde, il les fait passer à Ferdinand Möller.
Mais c’est sur son savoir que repose l’initiative de créer les bases législatives pour la confiscation et l’exploitation de l’art dégénéré avec la loi sur la confiscation de produits de l’art dégénéré. Lors d’une réunion de la commission d’exploitation le 20 février 1939, Haberstock émet ses doutes contre l’incinération d’œuvres d’art dégénérées. Le jour même, avec Robert Scholz, il demande à être délié de la responsabilité de cette mesure. Sans succès, il propose avec Robert Scholz , de stocker les œuvres dans les dépôts des musées pour pouvoir examiner de nouveau et de plus près leur valeur. Haberstock est absent lors du dernier tri des œuvres confisquées.

A l’aide de Rolf Hetsch, Haberstock parvient , par la vente à des particuliers et à l’étranger, à sauvegarder un grand nombre d’œuvres comme par exemple les « Chevaux rouges « de Franz Marc. Il s’engage aussi pour la restitution à des musées de quelques œuvres, parmi lesquelles des œuvres de Franz Marc ainsi que des œuvres de Lovis Corinth et Paula Modersohn-Becker. Il le fait avec les autres membres de la Commission, agissant ainsi contre le vœu exprès d’Hitler. Ainsi, 88 tableaux, 41 sculptures et 47 œuvres graphiques ont pu être sauvegardés, ceci en grande partie grâce à Haberstock. Dans le cas des Collections bavaroises de Munich, Haberstock n’a même pas tenu compte des autres membres de la Commission.

Après l’Anschluss de l’Autriche, Haberstock est envoyé à Vienne pour aider au tri et à la mise en catalogue des collections d’art confisquées. Il arrive en mai 1939 et s’explique prêt à donner des recommandations pour l’endroit où se trouvent les œuvres. Mais il refuse la vente d’œuvres d’art moderne en provenance de ces collections. Il entre alors en conflit avec les dirigeants viennois, il se retire donc de cette mission. C’est Hans Posse qui le remplace.

Après la déclaration de la 2e guerre mondiale, Haberstock est actif dans les territoires occupés par les nazis. Pour son travail dans la France occupée, il a besoin de quelques documents comme la nomination spéciale en tant que conseiller du directeur pour le Führermuseum de Linz, une lettre de l’adjudant de la Wehrmacht, une lettre signée par Göring et une lettre du commandant en chef de la division de protection de l’art des forces armées en France. Ses livraisons et voyages sont ainsi assurés.
Haberstock se rend pour la 1ere fois à Paris en octobre 1940 avec Posse. Il a contribué à l’aryanisation de la galerie Wildenstein passée entre les mains de Roger Dequoy. Au cours de cet événement, Haberstock a rencontré Georges Wildenstein en France inoccupée. Cette rencontre ne s’est vraisemblablement pas déroulée en toute amitié mais Wildenstein était intéressé par un accord lui présentant des avantages.
Dequoy engage une relation d’affaires avec Haberstock et devient le marchand le plus actif de la France.
Haberstock entretient des contacts avec quelque 75 marchands et agents qui se lancent à la recherche et l’acquisition d’œuvres d’art qui l’intéressent.
Pour Haberstock, Dequoy et son partenaire d’affaires Georges Destem partent à la recherche de la collection « Schloss «, cachée par le gouvernement de Vichy. Dans ce genre de recherche, Haberstock et ses partenaires d’affaires se heurtent à l’Équipe d'intervention du Reichsleiter Rosenberg. Il entre en contact avec des fugitifs de la zone libre.

En décembre 1942, Haberstock voit son étoile décliner après la mort de Posse. Depuis les années 1920, il est en conflit avec Hermann Voss, le successeur de Posse. Pendant le mandat de Voss, il n’y a plus que neuf ventes à la Chancellerie du Reich. En décembre 1943, suite à cette situation conflictuelle, Haberstock quitte le NSDAP et tombe ainsi en disgrâce auprès des dirigeants.
En tout, Haberstock a vendu 188 œuvres à la Chancellerie du Reich pour le musée de Linz, à Hitler et autres. A cela s’ajoutent 74 dons à des personnalités et des institutions importantes.
Vers la fin de la guerre, Haberstock se réfugie au château de Gerhard baron de Pöllnitz d’Asbach avec sa femme. C’est là qu’il est arrêté par les Américains. Il y a même Hildebrand Gurlitt qui s’y est réfugié!
Haberstock est conduit à Bad Aussee où il subit un interrogatoire du 20 août au 17 septembre 1945. Deux procédures sont engagées contre Haberstock au cours de la dénazification. Le 12 juillet 1949, il est considéré comme suiveur au cours de la première procédure, ses relations avec les personnalités nazies ayant été considérées comme de pures relations d’affaires. Au cours de cette procédure, Eberhard Hanfstaengl dit dans sa déposition que Haberstock a été vraisemblablement le marchand d’art allemand le plus important, qu’il détestait l’art français et exerçait une grande influence sur Hitler.
D’autre part ,Hanfstaengl considérait Haberstock comme un personnage sans scrupules. Haberstock a été innocenté lors de la seconde procédure.

Après la guerre, il a continué ses activités de marchand d’art. Il a joué un rôle de mécène avec sa femme à Augsbourg et joui d’une excellente réputation. Après sa mort en 1956, sa femme a poursuivi son engagement. La collection Haberstock est ouverte au public dans le cadre de la fondation « Karl- und Magdalene Haberstockstiftung au palais Schaezler d’Augsbourg.

  • La boutique du barbier , peinture sur bois de Geritz van Brekelenkam fut achetée en France par Gurlitt le 21 juin 1944 pour 70 000DM avec les œuvres numérotées Linz 3811 et 3802 destinées au musée de Linz , enregistrée au Collecting point de Munich sous le numéro 18305 . attribué pâr l’OBIP au Louvre en 1950, déposé au musée de Riom en 1954.

Biographie[

Hildebrand Gurlitt vient de Dresde. Il est le fils de l'historien de l'art Cornelius Gurlitt. Son grand-père est le peintre paysage Louis Gurlitt (de). Un de ses frères est le musicologue Wilibald Gurlitt, et un de ses cousins est le marchand d'art Wolfgang Gurlitt (de). Par sa grand-mère Elisabeth Gurlitt (née Lewald), il est issu d'une famille d'origine juive2.

Il épouse en 1923 la danseuse Helene (« Lena ») Hanke, connue sous le nom de scène « Bambula », une des premières élèves de Mary Wigman. Il a avec elle un fils, Cornelius Gurlitt, né en 1932 à Hambourg (et mort en 2014 à Munich), et une fille Nicoline Benita Renate, née en 1935 à Hambourg et vraisemblablement décédée en 2012 3,4,5,6.

Études[

Il étudie l'histoire de l'art, tout d'abord à Dresde, puis à partir de 1919 à Berlin, et ensuite à l'Université de Francfort-sur-le-Main, où il soutient en 1924 sa thèse de doctorat sur l'histoire architecturale de l'égliseKatharinenkirche (de) d'Oppenheim auprès de Rudolf Kautzsch (de).

Entre le 1er avril 1925 et le 1er avril 1930, Hildebrand Gurlitt dirige le Musée du Roi Albert (de) de Zwickau inauguré le 23 avril 1914. Ce musée municipal, qui héberge de nos jours une collection d'art (de), avait été construit pour accueillir la bibliothèque de l'école municipale, qui a fait don en 1868 de sa collection de minéraux, des manuscrits des archives municipales, des œuvres d'art appartenant à la ville, ainsi que de la collection de l'association des amateurs d'antiquités. La nomination de Hildebrand Gurlitt en tant que premier directeur titulaire du musée doit marquer le début de la constitution ciblée d'un collection d'art moderne. Il met l'accent sur des œuvres de peintres contemporains et organise de nombreuses expositions7.

Hildebrand Gurlitt expose ainsi en 1925 des œuvres de Max Pechstein dans une grande exposition pour laquelle il acquiert aussi des œuvres pour le musée. En 1926, c'est le tour de Käthe Kollwitz et de la jeune école de Dresde. En 1927, il montre des œuvres de Erich Heckel et de Karl Schmidt-Rottluff. En 1928, il dédie une exposition à Emil Nolde. Dans le même temps, il s'intéresse aux peintres Oskar Kokoschka, Emil Nolde, Lovis Corinth, Max Liebermann, Max Slevogt, Ernst Ludwig Kirchner, Otto Dix, Lyonel Feininger,Paul Klee et Wassily Kandinsky8. Il est en contact personnel avec de nombreux artistes de son époque, par exemple avec Ernst Barlach.

Hildebrand Gurlitt confie à l'institut Bauhaus l'agencement et la décoration du musée, rénovation présentée au public en 1926 qui connaît un large succès, jusqu'au plan national. La presse locale est elle, en partie du moins, plus critique sur la rénovation du musée et surtout sur les goût modernes de Gurlitt. Une campagne de presse s'en prend aux acquisitions d'Art moderne de Gurlitt et souligne la situation financière de la ville de Zwickau, ce qui influera sur son licenciement le 1er avril 1930.

Les successeurs de Gurlitt Sigfried Asche (de) et Rudolf von Arps-Aubert auront sous le nazisme une attitude nettement plus retenue et privilégieront des thèmes de collection anodins.

À l'association artistique de Hambourg[

Hildebrand Gurlitt n'a pas perdu sa position à Zwickau seulement à cause de son engagement pour un art moderne alors banni et pour son côté dépensier, mais aussi à cause de son sang non purement « aryen ». Sa grand-mère était Elisabeth Gurlitt, née Lewald, une sœur de l'écrivaine juive Fanny Lewald, qui provenait d'une famille juive. Entre mai 1931 et juin 1933, il est directeur de l'association artistique de Hambourg (de)9,10.

À Hambourg aussi, les nazis font front contre la conception de l'art de Hildebrand Gurlitt. Le sculpteur national-socialiste et haut fonctionnaire de l'« Union de lutte pour une culture allemande » (Kampfbund für deutsche Kultur) Ludolf Albrecht, qui avait été nommé le 5 mars 1933 représentant de l'association du Reich des artistes visuels d'Allemagne (Reichsverband bildender Künstler Deutschlands (de)) pour la région Nord-Ouest, déjà mise au pas, déclare ainsi que l'association artistique de Hambourg « favorise le courant artistique international et bolchévique ». Gurlitt peut encore mettre en place une exposition sur l'art moderne italien en avril 1933, avec le soutien temporaire du Erster Bürgermeister (de) (premier maire) national-socialiste de Hambourg Carl Vincent Krogmann (de) en place depuis le 8 mars, dans laquelle il glisse également des œuvres modernes allemandes. Mais les pressions deviennent rapidement trop fortes, entre autres parce que son protecteur Carl Vincent Krogmann, qui n'était pas opposé à l'art moderne, poursuit ses propres objectifs nationaux-socialistes. Il cesse de protéger Hildebrand Gurlitt et commence à dissoudre l'association culturelle. Gurlitt est contraint à démissionner de son poste le 14 juillet 1933.

Son successeur est le bon ami du Gauleiter de Hambourg Karl Kaufmann, Friedrich Muthmann (de)11.

Marchand d'art à Hambourg[

Après en être licencié, il gagne son indépendance en s'établissant comme marchand d'art à Hambourg avec la société Kunstkabinett Dr. H. Gurlitt. Il a beaucoup de succès :« Il a offert le meilleur art de dimension internationale des anciens maîtres et des plus jeunes, mais aussi, sous la main, de l'« art dégénéré » »12. Comme le commerce de l'art « dégénéré » était interdit, Hildebrand Gurlitt menait à bien ces affaires dans le sous-sol afin que personne ne se rende compte des transactions illégales.

En 1937, un scandale éclate au sujet d'une exposition de tableaux de Franz Radziwill. L'association étudiante nationale-socialiste se retourne contre le professeur Wilhelm Niemeyer de l'académie des beaux-arts (Kunsthochschule), qui a tenu le discours d'inauguration. Pour Gurlitt, cela constitue une menace de fermeture de son « atelier ». Des officiers du Parti font savoir ce qu'ils savent de la grand-mère juive de Gurlitt, et la menace ne porte à présent plus seulement son commerce de l'art, mais toute son existence, puisqu'il est considéré comme « métis ». Mais comme les puissants à Hambourg faisaient des affaires lucratives avec lui et par la suite, et ont ensuite utilisé ses connaissances dans les acquisitions d'art pillé, ces accusations n'ont jamais été faites de manière officielle ni publique12.

La même année, Hildebrand Gurlitt a tenté de gagner Hans Barlach à sa cause pour la décoration du tympan de l'église Saint-Pierre de Hambourg (de)13, ce que Barlach refuse pour ne pas gêner ses mécènes, dont le cigarettier Hermann Bernhard Fürchtegott Reemtsma (1892–1961). Il a aussi demandé à Barlach une ébauche d'un font baptismal pour l'Église Saint-Jean (Johanneskirche) à Hamm13.

Le commerce de « l'art dégénéré »[

Louis Marcoussis : Grappe de raisins, négocié par Hildebrand Gurlitt (après saisie en 1937).

La vente d'œuvres d'avant-garde ou relevant de l'art moderne est rendue possible par la « loi du 3 mai 1938 sur le retrait des œuvres d'art dégénéré » (Gesetz über die Einziehung von Erzeugnissen entarteter Kunst) qui dispose que les œuvres précédemment en possession de ressortissants du Reich ou de personnes juridiques du Reich peuvent être confisquées au bénéfice du Reich. Les œuvres supposées pouvoir être converties en devises à l'étranger sont entreposées au château de Schönhausen. Dans le cadre de cette vente (Verwertungsaktion), les ventes et échanges sont confiés à quatre marchands d'art, dont Hildebrand Gurlitt14,15.

Malgré le tort causé par les nazis en lui faisant perdre sa place à Zwickau et à Hambourg, il est embauché comme acheteur pour le « Führermuseum » et il est en plus chargé par le ministère de la propagande de vendre l'« art dégénéré » des musées allemands à l'étranger. Dans le cadre de cette charge, il réussit aussi à vendre des œuvres confisquées à des collectionneurs allemands. Le Musée Sprengel de Hanovre fait partie de ceux qui en ont profité. Le tableau de Karl Schmidt-Rottluff Marschlandschaft mit rotem Windrad fait partie de ceux que Bernhard Sprengel (de) ont acquis de cette façon16.

La destinée de nombre d'œuvres qui changèrent de propriétaires ou qui furent entreposées dans les caves du ministère à la Propagande n'est pas élucidée17.

Acquisitions d'œuvres d'art en France[

En 1943, Hildebrand Gurlitt est désigné comme acheteur principal en France par Herrmann Voss, responsable du projet de musée géant Führermuseum à Linz (Sonderauftrag Linz). Gurlitt devient ainsi un acteur majeur du projet18. En France, diverses organisations étaient chargées de la spoliation de biens artistiques possédés par des juifs, des francs-maçons ou autres personnes considérées par les autorités nazies comme ennemis de l'État (en allemand : Staatsfeind). Parmi ces organisations figuraient des collaborateurs de Hermann Goering dont Bruno Lohse qui a représenté à Paris l'équipe d'intervention du Reichsleiter Rosenberg, l'ambassade allemande à Paris, le Sonderkommando Künsberg et le Sonderauftrag Linz. Le corps militaire Kunstschutz participa partiellement au pillage d'œuvres possédées par des juifs pour les remettre à l'équipe de Rosenberg19.

L'après-guerre[

Déclaration sous serment du 10 juin 1945 par Hildebrand Gurlitt aux forces alliées : Gurlitt y décrit son activité avant et pendant la guerre, et donne la liste des œuvres en sa possession.

Après le bombardement de Dresde en février 1945, la famille emménage provisoirement chez sa mère à Possendorf (de) près de Dresde20. À partir de là, Hildebrand Gurlitt, sa femme et ses deux enfants prennent un avion et arrivent le 25 mars 1945 en camion au château de Freiherr Gerhard von Pölnitz (de), qu'il avait connu à Berlin, àAschbach (de) près de Bamberg20,21. Là, il est arrêté par l'armée américaine et placé en résidence surveillée22.

Si l'on en croit la déclaration sous serment de Hildebrand Gurlitt (photo), il aurait transporté dans le camion des caisses d'œuvres de sa collection qu'il avait déposées auparavant à différents endroits en Saxe20. Les caisses sont saisies par l'unité spéciale Monuments, Fine Arts, and Archives program, puis apportées à Bamberg, et enfin stockées dans le Wiesbaden Central Collecting Point. Hildebrandt Gurlitt reste ensuite à Aschbach où il loge dans la maison forestière du château. Il fait ensuite le voyage de retour et demande la restitution des tableaux, ce qu'il obtient cinq ans plus tard, en 1950. Les « Monuments Men », comme on appelait les membres de l'unité spéciale, se préoccupent alors plus particulièrement de renvoyer les œuvres pillées provenant des pays occupés et apportées en Allemagne dans leurs pays d'origine, à la charge ensuite des autorités de ces pays de procéder à la restitution aux personnes concernées23. Au début de juin 1945, Hildebrand Gurlitt est interrogé par le lieutenant américain Dwight McKay sur son rôle en tant que marchand d'art pour les nazis. D'après le compte-rendu de cette enquête20, Hildebrand Gurlitt a décrit comment il a été embauché au début 1943 par Hermann Voss (de), le chef du Sonderauftrages Linz chargé de constituer les collections du Führermuseum, pour l'aider à acheter des œuvres d'art dans le Paris occupé. Gurlitt nie toute implication dans le commerce de l'art pillé en France. Si l'on en croit le Süddeutsche Zeitung en 2013, les investigations des Alliés n'ont pas porté sur l'« art dégénéré » (les modernes) que Hildebrand Gurlitt a exporté avec l'autorisation officielle des nazis à l'étranger, mais sur les œuvres de provenance française. Des travaux de Courbet, Oudry et Degas, tous achetés légalement sur le marché de l'art parisien en 1942, auraient fait penser à de l'art volé24.

Après la guerre, Hildebrand Gurlitt est l'objet d'une procédure (Spruchkammerverfahren (de)) dans le cadre de la dénazification. Il parvient à être réhabilité par un acquittement en juin 1948 d'une juridiction spécialisée (Spruchkammer)25 en raison d'une ascendance juive, de sa non-appartenance à des organisations nazies, et de son implication pour la promotion des Modernes26,27 ; devant cette juridiction, Gurlitt indique pour l'année 1943 un revenu imposable de 178 000 reichsmarks, et à l'année 1945 des biens évalués à 300 000 reichsmarks25. Lors de cette procédure, un courrier de Max Beckmann adressé à Gurlitt en 1946 est considéré comme témoignage à décharge28,25.

En 1947, il reprend contact avec d'autres professionnels du marché de l'art et tente de négocier ce qu'il prétend savoir sur les œuvres pillées par les nazis29. Hildebrand Gurlitt souhaite toujours à cette période s'investir dans un musée30. Il prend en 1948 la direction du Kunstverein für die Rheinlande und Westfalen, un institut de promotion de l'art

contemporain à Düsseldorf31.

Mort[

Hildebrand Gurlitt décède le 9 novembre 1956 des suites d'un accident de la circulation32. Leopold Reidemeister tient le 24 janvier 1957 un discours en sa mémoire33. Une rue de Hambourg dans le quartier de Bilk porte son nom depuis 196532.

Collection Gurlitt[

Article détaillé : Trésor artistique de Munich (2012).

Hildebrand Gurlitt constitue aussi une collection privée constituée principalement d'œuvres d'avant-garde ou relevant de l'art moderne du début du XXe siècle (en allemand : klassische Moderne)34. Une partie de la collection est saisie en 1945 et entreposée au Central Collecting Point (de) à Wiesbaden, mais est restituée en 195035 : le chef de la Haute commission pour l'Allemagne occupée autorise alors la restitution à Gurlitt de 134 tableaux et dessins36. En 1956, des œuvres de la collection sont exposées à New-York et à San Francisco37.

En février 2012, 1285 œuvres non encadrées et 121 œuvres encadrées, dont une grande partie était déclarée perdue depuis la période nationale-socialiste, sont découvertes dans l'appartement munichois deCornelius Gurlitt, fils de Hildebrand Gurlitt, et sont saisies. Parmi elles se trouveraient 300 œuvres confisquées à partir de 1937 car considérées comme œuvres d'art dégénéré, et 200 autres œuvres recherchées en tant qu'œuvres confisquées sous le troisième Reich (en allemand : NS-Raubkunst). Ces chiffres n'ont pas été confirmés par le ministère public allemand. Certaines œuvres ont une grande valeur, notamment d'artistes d'avant-garde ou relevant de l'art moderne comme Marc Chagall, Ernst Ludwig Kirchner, Paul Klee, Oskar Kokoschka, Franz Marc, Henri Matisse et Emil Nolde. L'historienne de l'art Meike Hoffmann, chargée de recherche auprès de l'Université libre de Berlin, a pour mission de documenter l'origine et la valeur des œuvres38.

Oeuvres spoliées par les nazis
Oeuvres spoliées par les nazis
Oeuvres spoliées par les nazis
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Oeuvres spoliées par les nazis
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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 12:15

Ce lundi-là, une trentaine d’Amis des musées se sont mis en scène pour aller voir la tête… enfin… mis en tête d’aller voir la scène (et son environnement) de l’opéra-théâtre de Clermont-Ferrand.

Après un petit moment d’histoire, offert par le guide, passons à la visite proprement dite.

Le hall d’entrée

Au sommet de chaque pilier, on note la présence discrète d’une paire de dragons se faisant face (de part et d’autre du vase). Assurément, il faut un guide pour les repérer !

Visite à Clermont-Ferrand, du 16 mars 2015

Le foyer (salon du premier étage)

Les fresques – réalisées entre 1901 et 1904 et redécouvertes lors de la suppression des tentures- sont de Louis Retru.

Entre les voûtes, les tableaux représentent six des neuf muses.

A g. Melpomène (la Tragédie), à dr. Terpsichore (la Danse)

Visite à Clermont-Ferrand, du 16 mars 2015Visite à Clermont-Ferrand, du 16 mars 2015

Une sculpture représente Pan, dieu des forêts et de la vie bucolique (bergers et troupeaux), qui coupa le roseau en lequel s’était transformée – pour lui échapper - celle (euh… l’une de celles) qu’il aimait, roseau dont il fit une flûte. Il faut se rappeler que c’était un fieffé dragueur de nymphes… et de jeunes garçons !

L’hémicycle

On admirera les peintures du plafond, réalisées sur toile par Jules Toulot. (Ci-dessous, Dante (en rouge) et Virgile

Visite à Clermont-Ferrand, du 16 mars 2015

S

ous la scène, 3 niveaux techniques, et au-dessus un volume d’une hauteur de 20 à 25 mètres.

Dans cette zone, les travaux ont consisté à couler de nouvelles fondations et à recréer totalement la cage de scène.

Dans la salle, les rangées de sièges ont été espacées pour une meilleure accessibilité, ainsi que les sièges eux-mêmes. Leur nombre est donc passé de 900 à 600.

Tous ces travaux, rendus nécessaires notamment par les obligations légales actuelles, ont permis de plus la réhabilitation patrimoniale complète du bâtiment, la rénovation de la salle de spectacle et de ses annexes, pour une mise aux normes de sécurité, une amélioration du confort des spectateurs et un fonctionnement scénique contemporain de qualité. Ce fut également l’occasion de donner à l’Orchestre d’Auvergne un « pied à terre » à la hauteur de ses besoins (siège administratif et studios de répétition).

En conclusion, c’est un bien bel ensemble, comme dirait mon oncle.

Visite à Clermont-Ferrand, du 16 mars 2015
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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 06:53
Conférence du 21 mars
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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 14:51
L'exposition Gasté se prolonge
L'exposition Gasté se prolonge
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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 17:22
Atelier ados au Musée Mandet
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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 06:28
Stage adultes
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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 06:54

Le FRAC Auvergne a le plaisir de vous convier

le samedi 31 janvier, de 14 h à 18 h, à l'inauguration de l'exposition :

DAVID CLAERBOUT

Salué internationalement, exposé par les plus grandes institutions, l'artiste belge David Claerbout a modelé depuis la fin des années 1990

une œuvre dont les sources sont à chercher tant du côté de l'histoire de la peinture que de celle du cinéma.

Depuis son exposition au Centre Pompidou en 2007, David Claerbout n'avait pas exposé dans une institution française et c'est au FRAC Auvergne

qu'il a choisi d'accorder sa confiance pour présenter un ensemble d'œuvres sidérantes, tant par les moyens techniques qu'elles emploient que par l'impact

qu'elles produisent sur leurs spectateurs, à l'image de son dernier film Travel, véritable voyage intérieur, expérience hypnotique sur l'imaginaire et la beauté.

Visite commentée de l'exposition avec Jean-Charles Vergne à 14 h 30

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 08:33

Kathleen Monpertuis, Anne Marie Promeyrat, Alexandre Peronny, François Schmitt, forment le quatuor Basalte, ils avaient investi le salon d'honneur du Musée Mandet en ce concert de midi du 27 janvier.

Le programme est composés de nombreux morceaux que chacun connait, Borodin, Fauré, De Falla, Verdi, Dvorak nous régalent de quelques "tubes". Un Tango d'Albeniz sur rythme de habanera nous charme. Un divertissement de Mozart et le quatuor Rosamunde de F. Schubert sont moins connus. Cette dernière oeuvre montre combien elle est écrite pour "sonner" en quatuor, en regard des adaptations.

Ce concert a été marqué par l'émotion de ces jeunes interprêtes affectés par la perte récente de leur ami Romain Daron qui avait animé un de nos derniers concerts au musée Mandet.

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